Critères de diagnostic du TDAH

  • Quelles sont les lignes directrices et les critères de diagnostic du TDAH ?
  • Quels sont les outils d’évaluation fondés sur des preuves que les cliniciens peuvent utiliser pour diagnostiquer le TDAH ?
  • Comment identifier les altérations dans le fonctionnement quotidien, sans doute l’aspect le plus important du processus de diagnostic de TDAH.
  • Comment aligner ce processus diagnostic avec la mise en œuvre d’un éventuel traitement ?
    Car
    la principale raison pour faire le diagnostic est de comprendre comment aider l’enfant, le jeune ou l’adulte dans son fonctionnement quotidien.

    Il y a un certain nombre de lignes directrices actuelles qui peuvent être invoquées pour déterminer la meilleure façon de diagnostiquer le TDAH. Toutes les directives disent d’utiliser les critères du DSM lors du diagnostic.
    Aux Etats-Unis, le Département américain de l’éducation, l’American Psychological Association, les psychiatres, ainsi que les pédiatres, tous conviennent généralement que le processus de diagnostic devrait inclure la collecte de deux échelles de notation : celle des parents et celle des enseignants. Le processus de diagnostic comprend également un entretien avec les parents pour déterminer l’âge d’apparition du trouble et aider le clinicien à déterminer à quel degré les symptômes influent sur l’efficience cognitive ou créent des problèmes dans le fonctionnement quotidien. Toutes les lignes directrices suggèrent que les critères du DSM (actuellement le DSM-V, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) devraient être utilisés.  

Il y a deux collections générales de symptômes que les enfants atteints de TDAH peuvent avoir : inattentif ou impulsif/hyperactif. Une majorité des enfants ont ces deux groupes ensemble, ils sont considérés comme ayant une présentation combinée du TDAH. Les critères du DSM-V ont fait faire quelques modifications : dans les précédents critères, les enfants devaient présenter les symptômes avant l’âge de sept ans, les nouvelles lignes directrices sont que les symptômes doivent être présents avant l’âge de 12 ans, ils sont donc devenus plus inclusifs.

Chez les adolescents et les adultes, le nombre de critères nécessaires pour valider le diagnostic n’est pas de six
symptômes d’inattention ou d’hyperactivité/impulsivité mais de seulement cinq, parce que certains des symptômes et des critères de diagnostic sont plus appropriés pour les jeunes enfants. Par exemple, ne pas rester assis quand c’est demandé est quelque chose que nous voyons souvent avec de jeunes enfants, moins pour les adolescents et les adultes qui peuvent rester sur leur siège, mais vont plutôt se sentir agités.

Enfin, le clinicien ajoute quelques prescripteurs dans les critères de diagnostic pour vérifier s’il est principalement une présentation inattentive des symptômes, une présentation impulsive/hyperactive, ou une présentation combinée. Et il peut également ajouter un spécificateur de la gravité : légère, modérée ou sévère.

D’autres points communs parmi les lignes directrices de diagnostic et de prise de décision sont que la déficience dans le fonctionnement doit être évaluée dans tous les milieux : à la maison, à l’école / au travail, ou d’autres endroits comme le sport, les camps de vacances, ou à des activités
non structurées de relations entre pairs. En outre, il doit y avoir une évaluation pour savoir si des troubles comorbides sont présents ou non : troubles d’apprentissage, troubles d’intériorisation (dépression, anxiété, tics…) ou d’autres troubles médicaux.

Il est également à noter dans le processus diagnostic qu’un certain nombre de choses ne sont pas encore fondées sur des preuves pour le TDAH, même si les recherches avancent, notamment en génétique et neuroscience, il n’y a donc pas de test médical qui peut diagnostiquer le TDAH, et l’analyse clinique reste donc encore la seule méthode diagnostique, aidée par des échelles de cotations sur lesquelles je reviendrais également. Par exemple, pour une infection Streptococcique, avec un frotti buccal ou un prélèvement de gorge, les médecins peuvent vous dire très rapidement si cela est Strep, ou non, ce n’est pas Strep… Les tests allergologiques peuvent inclure ou exclure des allergies… Il n’y a rien de tel actuellement pour le diagnostic du TDAH…. Il n’y a pas de scans du cerveau actuellement disponibles qui permettraient de savoir si oui ou non un enfant a un TDAH.
Demander aux enfant ou aux adolescent d’évoquer leurs symptômes, d’en parler avec un pédiatre ou un psychologue ne peut pas permettre de déterminer si oui ou non l’enfant a un TDAH. En effet, les enfants sont généralement très mauvais investigateurs de la mesure dans laquelle leurs symptômes du TDAH sont présents et ont un impact dans leur fonctionnement, les adolescents souvent plus encore. Ils ont généralement une mauvaise connaissance ou une non-conscience de leurs difficultés : il faut alors compter sur les parents et les enseignants dans leurs observations du comportement de l’enfant.  

Si l’on se concentre sur les symptômes d’inattention, ils comprennent des choses comme ne pas prêter attention aux détails ou faire des erreurs d’inattention, être désorganisé, être oublieux, perdre des choses, et avoir des difficultés de persistance dans les tâches… Il est en effet difficile pour les enfants atteints de TDAH de se concentrer et faire attention pendant une longue période, ils vont donc se retirer d’une tâche en cours de route ou carrément l’éviter, pour ne pas ressentir l’effet de fatigue que cette longue concentration implique. Les symptômes impulsifs/hyperactifs incluent être « on the go » (sur la brèche, monté sur ressort),  interrompre les autres, parfois laisser échapper des réponses avant la fin d’une question, et puis le genre de comportement très actif, remuant, agité.

L’analyse va alors préciser si les comportements de l’enfant sont admissibles pour un diagnostic de TDAH, et ce diagnostic peut donc donner l’une des trois présentations : inattentif ou bien hyperactif-impulsif (la plus rare) ou encore mixte (la plus courante), Néanmoins, il ne nous dit rien sur ce que doit donner l’enfant en termes d’efforts et quel est le traitement qui lui est nécessaire. Il faut donc désormais déterminer ce qu’il faut faire pour aider l’enfant.

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