Evaluation des troubles du TDAH

Comment réaliser le diagnostic du TDAH avec une évaluation fondée sur des données probantes ?

Pour diagnostiquer le TDAH, la première chose à réaliser est de déterminer dans quelle mesure les symptômes sont présents, à quelle fréquence ils sont présents, et quelle est la gravité ou l’impact de ces symptômes. Pour cela, un certain nombre d’outils validés peuvent être utilisés, certains sont gratuits et en accès libre sur Internet.

Ces formulaires et questionnaires sont généralement réalisés pour qu’ils puissent être complétés par les parents et les enseignants, qui vont y commenter le comportement et le fonctionnement de l’enfant.
Il y a le SNAP, l’ADHD Rating Scale, le Vanderbilt Rating Scale, l’échelle de Conners, l’évaluation comportementale… tous ces éléments sont généralement sur le même format. Ils énumèrent les symptômes du DSM en demandant à l’évaluateur de dire si ces symptômes sont présents pas du tout, juste un peu, moyennement ou beaucoup.
En plus des échelles spécifiques à la cotation du TDAH, les échelles élargies sont utilisées pour évaluer la psychologie de l’enfant et toute une collection de comportements auxquels les enfants exposés aux symptômes du TDAH peuvent répondre, c’est un bon moyen pour un clinicien de recueillir des informations sur les troubles parfois associés au TDAH. Différentes échelles de cotation en version francophone sont disponibles sur le web, notamment ici, sur le site de TDAH.be, ou bien encore ici, sur le site de Clinique Focus au Canada, qui suit les guidelines canadiennes de Caddra.

Toutes ces échelles comprennent généralement des versions de parents et d’enseignants et sont basés sur le DSM. Elles comprennent généralement une gamme non pas pour dire si oui ou non le symptôme est présent, mais à quel point il peut être présent, et ces échelles sont psychométriques. Elles ont des preuves de fiabilité et de validité, mais ont aussi des limites. Ainsi, elles peuvent donner une idée de savoir si oui ou non un problème est présent et dans quelle mesure, mais cela ne dit rien sur le contexte.
Prenons l’exemple d’un symptôme de TDAH : souvent, ne semble pas écouter quand on lui parle directement. Cela pourrait être du fait de l’inattention, mais il y a un certain nombre d’autres raisons pour lesquelles un enfant peut sembler ne pas écouter quand on lui parle directement. : Il peut s’agir d’une déficience auditive. Il peut s’agit d’une opposition, ils ont bien entendu mais n’ont simplement pas envie de faire ce que vous demandez, il peut aussi s’agir d’un problème de traitement de l’information ou de mémoire de travail qui ne permet pas de traduire l’information reçue dans le comportement réel, ce qui est différent du problème d’inattention. Enfin, il est possible que cela n’a rien à voir avec l’enfant : peut-être que l’adulte a donné une consigne trop vague ou imprécise, ou formulé une attente qui est au-delà du niveau de développement de l’enfant. Le travail du clinicien est donc de savoir exactement pourquoi ce symptôme est présent. Il ne s’agit donc pas juste de dire selon l’échelle de cotation que oui, cet enfant a un TDAH, mais d’utiliser l’expertise clinique pour déterminer dans quelle mesure l’ensemble des symptômes correspond au TDAH.

Les cliniciens peuvent aussi utiliser l’entretien diagnostic guidé ou semi-guidé. Les entretiens structurés sont rédigés de façon que le questionnant pose les mêmes questions à tous les répondants. Dans les questionnaires semi-structurés, le clinicien a la latitude de suivre d’autres voies s’il souhaite approfondir une ou des questions avec un parent. Les limites des entrevues diagnostiques sont similaires à celles des échelles d’évaluation et ils sont aussi très coûteux en temps, et ne génèrent pas beaucoup plus d’informations que celles obtenues à partir de l’échelle de notation. A cause de tout cela, ils deviennent onéreux, énergivore et chronophage.

Dans la recherche des symptômes, on peut donc utiliser des échelles de notation, des entrevues de diagnostic, mais finalement les critères diagnostics du DSM incluent tout cela. Ils ne se contentent pas de dire si le symptôme est présent et à quel degré mais précisent que les symptômes doivent être présents depuis au moins six mois avec un degré qui provoque des difficultés d’adaptation, qui ne correspondent pas au niveau de développement de l’enfant, être présents avant l’âge de 12 ans et dans tous les milieux, avec des répercussions claires dans le fonctionnement social, scolaire ou professionnel. Ce sont bien tous ces aspects des critères de diagnostic du TDAH qui permettent de reconnaître le trouble. L’évaluation du trouble est donc bien une réelle tâche de proximité avec le patient et son entourage dans l’entreprise de diagnostic, afin de pouvoir faire correspondre et déterminer les soins en fonction des réelles difficultés rencontrées.

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