Une nouvelle étude sur le TDAH chez la femme adulte

Russel Barkley vient de partager sur sa page cette nouvelle étude, que je partage à mon tour ici.  Cette étude se focalise sur les difficultés rencontrées par les femmes porteuses de TDAH tout au long de la vie. Si la recherche sur les femmes a sensiblement augmenté au cours des dix dernières années, il est plus que nécessaire d’en faire encore davantage pour rattraper le retard en terme de connaissance sur le TDAH au féminin pour arriver au même niveau de ce que l’on sait déjà sur le TDAH au masculin.

En voici le résumé :

Le Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité jette une ombre : résultats d’une étude démographiques des femmes adultes avec TDAH. Fuller-Thomson et, Lewis, AGBEYAKA SK.- Soins de santé infantile dev. 2016. [Attention-deficit/hyperactivity disorder casts a long shadow: findings from a population-based study of adult women with self-reported ADHD – Fuller-Thomson – 2016 – Child: Care, Health and Development – Wiley Online Library]

Rappel :
Pour développer un profil socio-démographique et de santé des femmes avec  déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) en comparaison aux femmes sans TDAH.

Méthodes :
(X² = Khi-Carré : test statistique permettant de tester l’adéquation d’une série de données à une famille de lois de probabilités ou de tester l’indépendance entre deux variables aléatoires)
X² de tests et d’analyses de régression logistique ont été menées sur les données fournies par le représentant de la Communauté Nationale Canadienne / enquête sur la santé et la santé mentale (2012) par une comparaison de 107 femmes âgées de 20 à 39 ans (inclus) Avec TDAH avec 3801 sans TDAH. La dépression, le trouble d’anxiété généralisé et l’abus de drogues ont été mesurés par l’utilisation du WHO-CIDI de L’OMS.

Résultats :
¤ Pendant l’enfance, les femmes atteintes de TDAH avait triplé la prévalence de l’insomnie, la douleur chronique, idées suicidaires, les abus sexuels dans l’enfance et le trouble d’anxiété généralisé.
¤ A l’âge adulte, est doublé la prévalence de la toxicomanie, tabagisme, troubles dépressifs, pauvreté,  violences physiques sur enfant, en comparaison avec des femmes sans TDAH.
¤ Même après des ajustements en fonction de l’âge, catégorie socio-pro et ethnique, l’éducation et le revenu, les femmes atteintes de TDAH avait considérablement un score plus élevé d’un large éventail de problèmes.

Conclusion :
Nos résultats suggèrent que les femmes atteintes de TDAH sont particulièrement vulnérables à l’adversité, et aux problèmes de santé physique et troubles de santé mentale.

Cette étude suggère une fois de plus l’intérêt et la nécessité de la prise en charge précoce du TDAH pour éviter le développement des difficultés liées au TDAH chez l’adulte, ainsi que la reconnaissance urgente du TDAH de l’adulte, encore plus du TDAH au féminin encore trop largement sous-estimé et méconnue. Il semble que les types de TDAH combinés inattention/hyperactivité sont plus exposés. On peut aussi ajouter que les symptômes chez la femme peuvent être aggravés et bouleversés par les cycles menstruels et hormonaux, leur personnalité peut sembler bipolaire à l’œil non averti, ainsi, de trop nombreux cas de bipolarité diagnostiqués chez la femme sont en réalité un TDAH.

A la question « Est-il sage pour les médecins de recommander la médication pour le tdah lorsqu’il y a eu abus de substance ?« , Russel Barkley précise : « C’est correct d’utiliser des médicaments pour le tdah si l’abus de drogues était avec des substances autres que des stimulants, comme l’alcool ou la marijuana. Mais si l’abus a été avec la cocaïne ou des amphétamines un non-stimulant devraient être envisagé en première intention ». Une intervenante ajoute que pour de nombreuses personnes, être correctement soignées réduit le besoin d’auto-médication, car effectivement, l’abus de substance est trop souvent une tentative (vaine et déraisonnable) de réduire les symptômes liés à un TDAH jamais diagnostiqué ni pris en charge.

Egalement, sur le même sujet, cette excellente vidéo de radio-canada. On ne peut qu’encore une fois amèrement regretter le retard français sur la question.

D’autres articles :
¤ comment le TDAH affecte mon mariage (en anglais)
¤ Les employés en TDAH

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Une réflexion sur “Une nouvelle étude sur le TDAH chez la femme adulte

  1. Lorsque j’ai commencé à lire à propos du tda, j’ai pensé que cela me décrivait assez bien. Je pense qu’il s’agit pour moi plutot d’hyper émotivité et d’hypersensibilité. Mais ma fille aînée a vécu sa vie ( décédée à 41 ans d’excès en tous genres) selon la description évoquée, jamais diagnostiquée bipolaire ni schizophrène, avec sa brillante intelligence et un parcours qui l’a menée d’échec en échec et de charybde en sylla. J’en ai conçu une grande culpabilité, même si je sais que je ne pouvais pas changer cela à cette époque la. Mais c’est intéressant que les connaissances évoluent.

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