Dyslexie ? la comprendre et l’accompagner [3]

Nous avons pu dans une première partie et une deuxième partie définir la dyslexie, comprendre comment elle empêchait l’apprentissage de la lecture, ses causes et ses symptômes…. Regardons maintenant plus particulièrement les prises en charge adaptées à la rééducation de la dyslexie… Si les informations ci-après sont plus particulièrement rédigées pour la prise en charge d’un enfant, il faut préciser que la dyslexie est un trouble qui perdure tout au long de la vie, et que tout ce qui suit, comme ce qui précédait est également applicable pour la prise en charge d’un adolescent ou d’un adulte qui souffre de dyslexie, même si une prise en charge précoce permet de meilleur progrès et d’éviter d’accumuler trop de lacunes et de retard dans le développement des compétences liées à la dyslexie.

Quelles sont les troubles associés à la dyslexie?

Il n’est pas rare de cumuler la dyslexie avec un autre trouble. Certains peuvent également ressembler à la dyslexie, car ils ont des symptômes communs. Il existe également différents types de dyslexie. Voici quelques troubles qui peuvent coïncider ou être confondus avec la dyslexie:

¤ le TDAH peut empêcher de rester concentré lors de la lecture et d’autres activités. Environ un tiers des élèves ayant des problèmes d’attention ont également une dyslexie. Il est également intéressant de noter que des enseignants peuvent confondre des signes de dyslexie avec un TDAH, car les difficultés de lecture et la frustration peuvent rendre un enfant remuant, agaçant, opposant, qui agit ainsi pour masquer le fait de ne pas savoir comment faire ce que l’enseignant demande.
¤ Les
troubles de traitement auditif affectent la capacité des enfants à trier les sons qu’ils entendent. Ils peuvent avoir du mal à comprendre ce que les gens disent. La lecture peut aussi être difficile pour eux puisqu’elle implique la connexion des sons avec les lettres. Les enfants atteints d’un trouble auditif ont souvent du mal à reconnaître la différence entre les lettres comme b et d et sonder de nouveaux mots.
¤ Les
problèmes de traitement visuel peuvent empêcher de voir les différentes formes des lettres. Les enfants ayant des problèmes de traitement visuel peuvent se plaindre d’une vision floue, de douleurs, de lettres qui « sautent autour de la page. » Ils peuvent essayer de compenser en plissant les yeux ou fermant / masquant un œil. Ils inversent souvent des lettres lors de l’écriture et ont du mal à rester dans les lignes.
¤ La d
ysgraphie peut affecter la capacité d’épeler et l’écriture des enfants et rendre difficile l’organisation des pensées sur le papier. Beaucoup d’enfants avec dysgraphie ont également la dyslexie.
¤ La d
yscalculie affecte les compétences mathématiques. Beaucoup d’enfants ont de graves difficultés en lecture et en mathématiques et peuvent avoir une dyscalculie en plus de la dyslexie. Les difficultés d’apprentissages mathématiques  sont associées aux deux conditions.
cahier d’activités et livre à rabats « Les tables de multiplication » justement présenté très récemment par mon amie Lucinda sur son blog MamanLulu.

¤ Les problèmes de fonctionnement exécutif peuvent affecter la capacité des enfants à s’organiser et à rester à la tâche. Les enfants ayant de faibles compétences en fonctions exécutives peuvent rencontrer des difficultés de compréhension en lecture.

De nombreuses interventions, tant de la part des parents que des enseignants ou d’intervenants peuvent aider pour chacune de ces conditions. Les stratégies peuvent être différentes selon les troubles, c’est pourquoi il est utile, même indispensable, d’identifier l’origine des difficultés. Une meilleure information permet des moyens plus efficaces.

Comment et quels professionnels peuvent aider à la dyslexie?

De nombreuses personnes peuvent aider l’enfant à améliorer ses compétences en lecture et écriture, Il est primordial pour une bonne coordination que les différents intervenants puissent échanger ensemble. Il est à noter que tous les professionnels suivants ne dont pas forcément nécessaires. C’est la bonne évaluation du trouble, de ses causes, des troubles éventuellement associés et des répercussions qui déterminera les interventions appropriées, spécifiques à chaque individu. Il est parfaitement inutile de surcharger l’enfant avec des rééducations qui pourraient s’avérer inutiles si pas nécessaires (cf ergo05) :

¤ Les enseignants et les équipes pédagogiques, le médecin ou l’infirmière scolaire  : Les écoles travaillent depuis des décennies à aider les élèves ayant des problèmes de lecture. L’enseignant de votre enfant peut être familier de plusieurs méthodes d’enseignement de la lecture et donc essayer différentes approches pour trouver la plus adaptée à votre enfant.
Des aménagements spécifiques peuvent également aider en classe :
du temps supplémentaire, des essais supplémentaires, l’utilisation d’outil technologique, la mise en place de routine adaptée, des supports informels… Même avant un diagnostic, l’école peut mettre en place différentes aides pour aider au plan scolaire.
Demander une réunion avec l’enseignant, le directeur, le médecin scolaire et la psychologue scolaire pour parler de vos préoccupations mutuelles peut être utile pour définir des stratégies et aider les enfants atteints de dyslexie ou de difficultés de lecture-écriture-langage à  inclure l’utilisation d’une approche multisensorielle pour lier l’écoute, le langage, lire et écrire. La répétition de la consigne par l’enfant à l’enseignant permet également de s’assurer de sa compréhension. Souvent, après la mise en place d’un soutien informel, lorsque les difficultés persistent et interfèrent avec l’apprentissage, un plan personnalisé d’apprentissage peut être mis en place. Quel plan pour qui ?

¤ Des spécialistes de la lecture et notamment les orthophonistes. Ces trois courtes vidéos permettent de mieux comprendre son rôle et présentent l’orthophonie :

¤ Le Médecin traitant ou le médecin spécialiste (neuropédiatre, médecin de rééducation…) de votre enfant ne doit avoir aucun doute sur la cause de la dyslexie : un enfant dyslexique est normalement intelligent, et le médecin doit exclure un handicap physique ou toute lésion organique. La dyslexie est une dysfonction et non une maladie. Egalement, parfois, la dyslexie affecte l’estime de soi de l’enfant, anxiété et dépression peuvent alors s’installer. Cela rend la scolarité encore plus difficile. Il est nécessaire de parler au médecin ou au pédiatre de toutes nouvelles difficultés pour envisager une prise en charge pluridisciplinaire :
¤
Un psychologue ou un neuropsychologue, sans agir directement sur la dyslexie, peut alors aider l’enfant à gérer le stress accumulé induit par le trouble. Face aux difficultés, l’enfant se sent parfois « inférieur », « idiot », « nul », « incapable » et éprouve une faible considération pour ses compétences intellectuelles, ce qui peut causer une véritable souffrance, ainsi qu’un retrait et un repli sur soi de l’enfant. La prise en charge psychologique consistera à travailler sur son image de soi, son rapport à l’école et à ses pairs, trouver sa place et reprendre confiance en lui. Les approches type TCC sont généralement les plus appropriées.
¤ Un psychomotricien pourra également permettre un travail sur la gestion des émotions, les schémas corporels, la latéralisation, la structuration spatiale et temporelle, ainsi que la coordination visuomotrice.
¤ Pour ce dernier point, un orthoptiste spécialiste des troubles neurovisuels pourra également intervenir. Egalement, certains troubles associés à la dyslexie concernent la vision binoculaire. L’orthoptiste les évalue et en tient compte dans sa rééducation. Le bilan orthoptique habituel est alors complété par l’étude des signes plus spécifiques retrouvés dans la dyslexie.
L’orthoptiste ne rééduque pas la dyslexie, mais la vision du dyslexique afin qu’elle participe à la compensation et ne constitue pas une entrave supplémentaire à la lecture.
¤ Un ergothérapeute pourra également intervenir, notamment pour permettre l’apprentissage de l’utilisation d’outil informatique adapté. D’autres interventions en ergothérapie pourront également être envisagée selon le profil de l’enfant. (cf Apeda)
¤ Les centres de référence, les réseaux de dépistage/prise en charge des dys, ou encore des associations parentales, présents dans chaque région. Ces organismes hospitaliers ou associatifs pourront aider à la coordination des soins,  à naviguer dans le système d’éducation et la demande de reconnaissance MDPH si elle est nécessaire. Ils peuvent également aider à préparer les réunions scolaires importantes,  obtenir des ressources pour votre enfant…

Votre médecin ou encore l‘annuaire associatif local, départemental ou régional, les mairies, le site AMELI, votre mutuelle… pourront vous aider à trouver la structure la plus adaptée ou la plus proche de chez vous, ainsi que les professionnels qui pourront aider l’enfant. Les réseaux sociaux et les forums de parents sont également une véritable mine d’information pour trouver des adresses.

Quelles aides mettre en place à la maison ?

Aider son enfant dyslexique peut représenter un défi, en particulier si vous n’êtes pas confiant dans vos propres capacités en lecture et écriture.  Il n’est cependant pas nécessaire d’être un expert pour aider à travailler certaines compétences ou renforcer l’estime de soi de votre enfant. Il faut garder à l’esprit que les enfants (et les familles) sont tous différents et que tous les points ne sont pas forcément à travailler. Si les premières stratégies tentées ne sont pas efficaces, pas de panique, il faudra sans doute essayer plusieurs approches avant de trouver celle qui fonctionne le mieux pour votre enfant. Voici quelques pistes pour accompagner l’enfant à la maison:

Lire à haute voix tous les jours : Si l’enfant est très jeune, lire des livres d’images ensemble est un moment câlin agréable et utile à la fois. Pour les plus grands, des livres d’aventures ou choisis selon ses intérêts seront tout indiqués, de Harry potter à Kid Paddle en passant par les ouvrages de La Cabane Magique, la grande variété dans la Littérature Jeunesse permettra de faire son choix. Les livres pour les enfants expliquant les difficultés pourront aussi être un bon choix. Pour un adolescent, lire un magazine, des articles de journaux, ou même une recette de cuisine (des pâtisseries par exemple !) peut s’avérer être une bonne solution. Au quotidien, les panneaux d’affichage, les étiquettes, les emballages, dans les magasins (et même les manuels scolaires) pourront constituer un jeu sympathique.
Son écoute quand
vous lisez peut laisser votre enfant se concentrer simplement sur la compréhension et ainsi renforcer sa base de connaissances globales. A faire aussi souvent que possible !
S’appuyer sur les intérêts de l’enfant : Mettre à disposition de l’enfant une variété de matériel de lecture correspondant à ses intérêts, des Manga et des Bandes dessinées, des histoires de mystères, des recettes, des magazines sportifs,  sur ses stars préférées, ses animaux de prédilections… en choisissant des livres du niveau de la lecture de votre enfant. Les enfants atteints de dyslexie et autres troubles de la lecture sont plus susceptibles de trouver de la motivation à lire si le sujet est d’un grand intérêt pour eux !
Utiliser des livres audio : Les bibliothèques locales proposent souvent à l’emprunt des enregistrements sonores de livres. Vous pouvez également y accéder en ligne. Certains magasins ou abonnements proposent des livres pour les jeunes enfants avec un enregistrement de l’histoire sur un CD invitant à tourner la page. Ecouter un livre tout en regardant les mots peut aider l’enfant à apprendre à connecter les sons aux mots.
Rechercher des applications et autres formes d’aide high-tech : Les traitements de texte à correction orthographique, les logiciels à reconnaissance vocale, un dictaphone, de nombreuses applications et jeux en ligne… peuvent aider l’enfant à développer les compétences en lecture. L’écran deviendra également ainsi un outil utilisé activement, plutôt qu’un passe-temps passif.
Observer et prendre des notes : Regarder votre enfant de plus près et prendre des notes sur son comportement peut révéler des modèles et permettre de comprendre ce qui est le plus utile à travailler. Vos notes seront également utiles pour échanger avec les enseignants, médecins, thérapeutes…
Se concentrer sur l’effort, pas sur les résultats. Féliciter l’enfant pour ses efforts, souligner que tout le monde fait des erreurs et que l’essentiel est de faire de son mieux, permettre à l’enfant de comprendre l’importance de la persévérance, récompenser chaque progrès, même minime… les encouragement aideront l’enfant à rester motivé.
Etre compréhensif : Montrez à votre enfant que vous comprenez et connaissez ce qu’il ressent de la dyslexie. Parfois, simplement en reconnaissant que vous comprenez ce que votre enfant traverse peut suffisamment stimuler sa confiance pour essayer différentes stratégies et s’y tenir assez longtemps pour voir ceux qui sont les plus utiles.
Faciliter l’accès à la lecture à tout moment : Essayez de stocker de la lecture dans toutes les pièces (oui, même la salle de bain !) Avec des livres et des magazines facilement et librement accessibles à tout instant, l’enfant pourrait être intéressé par leur lecture (j’ai souvent retrouvé mon loulou plongé dans des BD et même des manuels de physique-chimie, surtout dans la salle de bain d’ailleurs !) Emmenez toujours un livre quand vous sortez, et lisez avec votre famille dés qu’un moment s’y prête, discutez-en ensemble. Trouvez tous les moyens créatifs pour encourager la lecture et l’écriture à la maison ou en sortie. Emmenez toujours un bloc-note pour y porter des observations pendant les promenades par exemple.
Renforcer la confiance : Utilisez les loisirs et les activités extrascolaires pour participer à l’amélioration de l’estime de soi de votre enfant et d’accroître la résilience. Essayez différentes façons d’identifier et de construire les points forts de l’enfant.
Jouer : De nombreux jeux et des activités permettent de pratiquer la lecture, l’écriture, le calcul, de renforcer la confiance et l’estime de soi. N’hésitez pas à partager des moments de convivialité pour renforcer ses compétences.
Ecouter ou faire de la musique et chanter : le rythme, le chant et la respiration, la musique, favorisent les connexions synaptique et les progrès… bref, amusez-vous !


Comment accompagner l’enfant efficacement ?

La dyslexie peut représenter des défis importants pour l’enfant comme pour ses parents, mais avec le soutien approprié, presque toutes les personnes souffrant de dyslexie peuvent devenir des lecteurs précis. La participation de l’entourage est une aide précieuse, depuis la recherche diagnostique et tout au long de la prise en charge. Pour faciliter cet accompagnement, les parents peuvent trouver des aides complémentaires.
Echanger avec d’autres parents pour ne pas se sentir isolé
, les forums de discussions, les réseaux sociaux permettent d’échanger astuces et solutions, et se soutenir mutuellement entre parents rencontrant les mêmes difficultés.
Trouver des conseils, par exemple avec un coaching parental, offre des stratégies d’experts approuvés sur une variété de questions qui peuvent affecter les enfants souffrant de dyslexie, y compris des problèmes avec la gestion du temps, l’anxiété et la peur, la frustration et la faible estime de soi.
Construire un plan de soutien, noter les différents essais, les progrès réalisés, les choses qui marchent et celles non.. permet de mesurer le chemin parcouru et garder confiance et motivation.
Comprendre la dyslexie et la recherche de moyens pour aider votre enfant est une première étape importante.
Il y a beaucoup à faire, et on ne peut tout faire à la fois. Il faut toujours avancer à votre rythme et celui de l’enfant. Essayer tout un tas de stratégies en même temps ne permettra pas forcément de déterminer les plus utiles et efficaces. L’essentiel est de faire de votre mieux et rester positif. Votre amour et votre soutien suffisent souvent à faire une grande différence dans la vie de votre enfant.

Pour résumer :
La dyslexie est un état permanent qui affecte la lecture, l’écriture, l’orthographe et le langage oral. Elle
est très courante et ne constitue pas un signe de faible intelligence. Les méthodes d’enseignement qui impliquent les différents sens : la vue, le son, le toucher, peuvent améliorer considérablement les compétences. Une prise en charge pluridisciplinaire et concertée, adaptée à la particularité de chaque individu, avec un accompagnement parental investi, permet les meilleurs progrès.

Plus de documentation :
Livret d’information apedys
CNRS, troubles spécifiques des apprentissages et dyslexie
troubles spécifiques de la lecture

 

 

 

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