Faire face au harcèlement

Le 20 heures de TF1 de ce 25 octobre a mis en avant le système des « Copains vigilants » mis en place dans un collège. A visionner ici, chapitre 9, à partir de la 19ème minute. C’est évidemment un système à généraliser dans toutes les écoles !
Comme ça n’est pas encore le cas, il est nécessaire de donner aux enfants les moyens de pouvoir faire face au harcèlement. Cela passe par trois trois voies et des actions en amont pour le prévenir, mais aussi des réactions immédiates pour y mettre fin rapidement et empêcher la spirale infernale de se mettre en place :
l’accompagnement de l’enfant lui-même, pour réussir à refuser le harcèlement et en sortir quand il est en place, mais surtout pour agir en amont avant qu’il apparaisse. Comment ? par une thérapie Cognitive et Comportementale, des activités et des jeux qui développent les compétences sociales et la confiance en soi, une médication lorsqu’elle est nécessaire.
– la formation des adultes qui l’entourent pour un accompagnement de qualité : groupe d’habiletés parentales pour les parents, mais aussi la formation des enseignants et des différentes professions de santé et d’éducation. Un vaste chantier à mettre en place… Et bien évidemment la formation des adultes au harcèlement, en milieu scolaire mais aussi périscolaire : comment le prévenir, le repérer et y mettre fin dés son apparition.
– la sensibilisation des autres enfants à toutes les différences, par des activités pédagogiques dédiées ou intégrées à d’autres apprentissages, par le développement de l’empathie et l’apprentissage du vivre ensemble.

Le harcèlement ne doit pas rester impuni, aujourd’hui encore trop souvent, c’est l’enfant harcelé qui se voit contraint de changer d’établissement scolaire, et c’est pour lui une double peine. D’où l’intérêt d’une sensibilisation précoce dés la petite enfance, et d’une prise en charge précoce des différents troubles et des situations qui peuvent amener un enfant à devenir victime ou bourreau… Si il s’agit d’un phénomène de groupe, la sanction doit être à visée éducative et pédagogique, par un travail collectif sur le vivre ensemble. Si il s’agit d’enfants ou de jeunes harceleurs/racketteurs, outre la sanction, il est aussi nécessaire de les faire prendre en charge, en collaboration avec leur famille : ce sont aussi souvent des enfants en souffrance ayant développé des troubles des conduites.

Sept compétences sociales clés pour aider les enfants atteints d’autisme à faire face au harcèlement  est un article d’Upbility, également disponible sur le blog « précoce, dys et serein » qui présente les risques de harcèlement scolaire des enfants avec troubles autistiques. J’ai déjà abordé à plusieurs reprises les traits communs des enfants avec TDAH et des enfants avec TSA, notamment pour ce qui concerne les compétences sociales et les capacités d’adaptation. Aussi, cet article et les solutions qu’il propose, notamment dans le développement d’habiletés sociales pourra être utile aux enfants avec TDAH.

B00VBDBODMPour ce qui concerne le développement de la confiance et de l’estime de soi, ce sont tous les enfants à besoin particuliers qu’il faudra également accompagner. En effet, tout enfant différent pourra potentiellement souffrir de cette différence et subir des brimades. La confiance en soi est alors un élément primordial pour permettre à l’enfant d’être inclus parmi ses pairs. Un article est consacré à la confiance et l’estime de soi dans le Cerveau et psycho de Novembre 2016 (à noter que la vignette clinique du numéro d’octobre 2016 portait sur le TDAH).

Parallèlement, il est absolument nécessaire de travailler au respect de l’autre et à l’acceptation de toutes les différences au sein des groupes d’enfants, et ce dés la petite enfance, pour éviter le phénomène de rejet dont peuvent souffrir les enfants à besoin spécifiques.  Un tel phénomène ne peut qu’entacher l’estime de soi et entraîner un cercle vicieux. Une multitude d’activités permettent cette sensibilisation à la différence en milieu scolaire et périscolaire.
Voici la vidéo de « Nos élèves à besoins spécifiques » qui est une bonne entrée en matière :

222632113621007287842228911526Une multitude de vidéos sur le harcèlement scolaire et la sensibilisation aux différences est disponible, le choix est très vaste et peut donc facilement s’adapter à tous les publics et à tous les âges, vous trouverez des dessin-animé courts-métrages en fin d’article. Ces dessins-animés sont utiles pour capter l’attention des enfants et des ados avant de faire une sensibilisation avec des outils plus « agressifs » sur la violence du harcèlement. La campagne de sensibilisation « non au harcèlement » a produit de nombreux clips vidéos réalisés par des élèves. La page officielle offre de nombreux outils.  De nombreux ouvrages y sont également consacrés pour aider les enfants victimes à sortir du harcèlement.
Le Bibliobus n° 25 CP/CE1 Vivre ensemble la différence : Roberto le Gitan ; Comptines ; Carréville ; L'anniversaire de CarolineDe très nombreuses activités de sensibilisation à la différence et de vivre ensemble sont également faciles à mettre en place, en milieu scolaire ou non. On trouve des fiches activités en ligne sur le web assez facilement, des livres, des DVD, des jeux….
288480739XIci, un web-docu de l’académie de Versailles : enseigner l’empathie à l’école2725627125

Il faut également revenir sur le concept d’empathie. Il est dit que les enfants avec TSA comme avec TDAH manquent d’empathie, et c’est une assertion qui dérange énormément, compte tenu de la dimension émotionnelle des ressentis et des sensations dans l’autisme ou le TDAH. D’où la nécessité de revenir sur la notion d’empathie. L’article de Wikipédia sur l’empathie dont voici qqs extraits est pour cela extrêmement bien fait :
L’empathie (du grec ancien ἐν, dans, à l’intérieur et πάθoς, souffrance, ce qui est éprouvé) est une notion désignant la compréhension des sentiments et des émotions d’un autre individu, voire, dans un sens plus général, de ses états non-émotionnels, comme ses croyances. Dans ce dernier cas il est alors plus spécifiquement question d’empathie cognitive. En langage courant, ce phénomène est souvent rendu par l’expression « se mettre à la place de l’autre ». Cette compréhension se produit par un décentrement de la personne et peut mener à des actions liées à la survie du sujet visé par l’empathie, indépendamment, et parfois même au détriment des intérêts du sujet ressentant l’empathie. Dans l’étude des relations interindividuelles, l’empathie est donc différente des notions de sympathie, de compassion, d’altruisme ou de contagion émotionnelle qui peuvent en découler…. Des travaux ayant montré que des déficits dans l’intelligence sociale pouvaient survenir indépendamment des déficits dans les autres secteurs de la cognition, des philosophes, à la fin des années 1970, nomment théorie de l’esprit la capacité de partager et ressentir tous les types d’états mentaux, capacité qui peut entraîner ce déficit quand elle est insuffisante. Depuis, les recherches sur l’empathie, cas particulier de la théorie de l’esprit, se développent….. Selon les contextes, l’empathie désigne à la fois une aptitude psychologique et les mécanismes qui permettent la compréhension des ressentis d’autrui. … Les recherches récentes ont amené à distinguer le concept d’empathie émotionnelle qui désigne la capacité à comprendre les états affectifs d’autrui, et le concept d’empathie cognitive, c’est-à-dire la capacité à comprendre les états mentaux d’autrui, utilisé en théorie de l’esprit. Pour Jean Decety de l’université de Chicago, l’empathie, capacité à partager les émotions avec autrui, sans confusion entre soi et l’autre, est un puissant moyen de communication interindividuelle et l’un des éléments clés dans la relation thérapeutique. Cet auteur propose un modèle multidimensionnel de l’empathie dont la résonance affective, la souplesse mentale pour adopter le point de vue subjectif d’autrui, la régulation des émotions constituent les composantes de base. Ces composantes sont modulées par des processus motivationnels et attentionnels et sont sous-tendues par des systèmes neuro-cognitifs distribués et dissociables. On peut, à partir de ce modèle fonctionnel, prédire des troubles de l’intersubjectivité et de l’empathie distincts selon que l’un ou l’autre des composants est endommagé, ou non opérationnel. Dans l’étude des relations interindividuelles, l’empathie est souvent distinguée de la sympathie, de la compassion et de la contagion émotionnelle, par le fait que la réponse empathique aux états affectifs d’autrui se produit sans que l’on ressente soi-même la même émotion, ou même une émotion quelle qu’elle soit. En toute rigueur, l’empathie émotionnelle peut ne pas être du tout dirigée vers le bien-être d’autrui à l’inverse de la sympathie. Ainsi faire acte de cruauté requiert une capacité empathique pour connaître le ressenti, en l’occurrence la souffrance, d’autrui afin d’en tirer un plaisir. L’empathie se différencie de la contagion émotionnelle dans laquelle une personne éprouve le même état affectif qu’une autre sans conserver la distance entre soi et autrui comme il est observé dans l’empathie. Le fou rire est un exemple de contagion émotionnelle : un sentiment de gaité est ressenti par les deux individus….. …. Les définitions de l’empathie recouvrent ainsi un large spectre car cette capacité a plusieurs composantes qui font appel à des mécanismes neurologiques distincts mais complémentaires : la première composante inconsciente, assez répandue dans le monde animal (mammifères, oiseaux), est la capacité de partager les émotions et les intentions des autres, la deuxième est l’envie d’aider, de consoler, qui s’est développée chez les espèces animales, notamment dans la relation mère-enfant ; la troisième, plus consciente, consiste non plus seulement à se mettre à la place de l’autre mais à l’imaginer et s’imaginer soi-même de l’extérieur. En neurosciences: lorsque des enfants sont exposés à des vidéo-clips présentant des situations douloureuses dont la cause est accidentelle, les circuits neuronaux qui sont impliqués dans la douleur physique (nociception) sont activés. L’empathie a récemment fait l’objet de nombreuses investigations neurophysiologiques chez l’adulte et l’enfant, principalement en utilisant les techniques d’imagerie cérébrale fonctionnelle. Par exemple, ces recherches indiquent que lorsque nous percevons autrui dans des situations douloureuses dont la cause est accidentelle (par exemple se couper en cuisinant), les circuits neuronaux de la carte somato-sensorielle qui sont impliqués dans la douleur physique sont actifs chez l’observateur. Le physicien Pierre Papon explique ainsi : « On fait subir à la première une légère douleur, et l’on voit une région précise de son cerveau « s’illuminer » lorsqu’elle la ressent. La personne voisine, qui observe la scène sans être manipulée et donc sans rien sentir sur le plan physique, présente une image IRM comparable au même moment, tout simplement par empathie. On arrive donc à mettre en évidence un sentiment ». Lorsqu’on présente à des personnes des images qui suggèrent qu’une autre personne a mal, un tiers des personnes ressentent une douleur au même endroit de leur corps (empathie sensorielle), deux tiers sont perturbées mais ne ressentent pas elles-mêmes la douleur (empathie affective). Ce circuit neuronal inclut l’insula, le cortex somatosensoriel, le cortex cingulaire antérieur et la substance grise périaqueducale. Ce mécanisme de résonance sensori-somatique entre autrui et soi, relativement primitif sur les plans évolutif et ontogénétique (il semblerait en place dès la naissance), joue un rôle crucial dans le développement de l’empathie et du raisonnement moral, en nous permettant de partager la détresse des autres et de déclencher une inhibition des comportements agressifs. Dans le cas de la douleur, il semblerait que nous soyons prédisposés à ressentir la détresse des autres comme un stimulus aversif, et que nous apprenions à éviter les actions associées à cette détresse… …

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3 réflexions sur “Faire face au harcèlement

  1. La commission « Respect et lutte contre le harcèlement » vient de créer un jeu interactif pour lutter contre le harcèlement scolaire : http://cdj.tarn.fr/harcelgame
    « Avec notre projet, nous souhaitons viser les collégiens, mais surtout les trois acteurs impliqués dans le harcèlement : la victime, le témoin et le harceleur.
    -La victime a besoin d’aide car le harcèlement peut avoir de graves conséquences sur sa vie future
    -Le témoin doit oser en parler sans appréhender les représailles
    -Le harceleur, que nous voulons comprendre pour l’aider à adopter un autre comportement »

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