TDAH et Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC)

TCC
Embodied cognition – Illustration P. Morville

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une thérapie brève, validée scientifiquement, qui vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

L’excellent magazine anglophone Additude propose un article sur les effets de la Thérapie Cognitive et Comportementale et son utilité dans le TDAH, accompagné d’un web-binaire (également en anglais) disponible en replay, par le Ph.D Russel Ramsay sur les stratégies de gestion du temps et d’achèvement de tâches, pour conduire ses projets à leur terme. Ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare pourront profiter des nombreuses ressources du site et de ses news-letters.

Pour les autres, voici un aperçu de cet article qui détaille donc l’utilité des TCC, traduction résumée complétée de quelques annotations pour l’adapter à notre pays. L’article est essentiellement tourné vers les adultes, mais les TCC sont évidemment très utiles également pour les enfants, d’autant plus utiles que la prise en charge est précoce  :

2754010742Il est courant que les adultes souffrant d’un Trouble de l’attention avec ou sans Hyperactivité souffrent également d’une faible estime de soi et de pensées négatives, répercussion d’une vie marquées par les erreurs, les accidents, les délais manqués…. La Thérapie Comportementale Cognitive aide à inverser cette négativité et déverrouille un monde de nouvelles possibilités, en se déchargeant du fardeau de la négativité, pour changer les pensées et le comportement, en collaboration avec le thérapeute.
Si les adultes atteints de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ont souvent besoin d’un traitement, cette médication  n’est pas toujours facile à mettre en place : en France, le diagnostic adulte est encore rare et le traitement hors AMM.
Egalement, malgré le recul et les connaissances sur la molécule, certains sont encore réticents à l’usage du méthylphénidate. La médication seule n’est pas toujours suffisante.
C’est pourquoi de nombreux experts recommandent non seulement la médication, mais aussi et avant toute chose, une psychothérapie. Néanmoins, toutes les formes de thérapie n’ont pas la même efficacité pour soutenir le TDAH.

L’article relate l’expérience de deux patients adultes atteints de TDAH avec les TCC :
Mark, trentenaire New-Yorkais diagnostiqué à l’âge de 20 ans, médicamenté à nouveau après une pause, a également travaillé avec plusieurs psychothérapeutes, mais en vain. «Ils ne savaient pas grand-chose au sujet du TDAH, ou voulaient essentiellement que je m’occupe des troubles émotionnels, mais ça ne m’était pas utile.» L’interview a lieu après huit mois de travail entamé avec un nouveau thérapeute, spécialisé en TCC. Les TCC lui ont permis d’améliorer nettement sa perception de lui-même et de son mariage. En effet, à cause des oublis et des erreurs répétées, le couple était mis à rude épreuve, Mark explique «Je fais toujours des erreurs, mais elles sont de moins en moins fréquentes, et ma femme sait que je travaille vraiment dessus aujourd’hui.» Pendant de nombreuses années, les listes de choses à faire restaient pour la plupart inachevées, maintenant, il est capable d’en accomplir 80%, même les tâches qui ont l’habitude de sembler écrasantes comme les tâches administratives ou nettoyer et désencombrer son bureau, se font sans difficulté.
– Lori, 35 ans, secrétaire 
dans un petit collège en Pennsylvanie pense la thérapie TCC «comme un partenaire dans le processus de récupération». «J’avais l’habitude de sentir que, peu importe les efforts et les essais successifs, rien ne changerait jamais. Maintenant, quand des sentiments intenses surgissent, au lieu de réagir spontanément et d’être dévastée et découragée, je reviens en arrière, et je reprends espoir. »

Contrairement à d’autres formes de thérapie, celle qui a si bien fonctionné pour Mark et Lori comme pour d’innombrables autres personnes atteintes de TDAH,  est la Thérapie Cognitivo-Comportementale. Développée il y a 40 ans, elle s’est avérée très efficace dans le traitement de l’anxiété et de la dépression, des TOC, des troubles alimentaires… mais c’est seulement depuis la dernière décennie qu’elle est utilisée pour le TDAH.  Elle est encore assez peu répandue en France, mais on la trouve heureusement de plus en plus. La TCC ne peut remplacer la médication quand elle est nécessaire, mais la recherche suggère qu’elle fonctionne mieux pour le TDAH que les autres formes de thérapie. Une étude récente du Massachusetts General Hospital de Boston, a révélé qu’une combinaison de traitement médicamenteux et de TCC était plus efficace pour contrôler les symptômes du TDAH que la thérapie médicamenteuse seule. «La TCC reprend là où le médicament s’arrête», explique Steven A. Safren, Ph.D., chef de l’étude et professeur adjoint de psychologie à l’Université de Harvard. « Même après un traitement optimal avec des médicaments, la plupart des adultes ont des symptômes résiduels, et ce traitement semble les améliorer. »

Les résultats sont rapides. Les formes traditionnelles de thérapie peuvent durer pendant des années, elles se concentrent sur les émotions et les problèmes du passé pour trouver des causes aux problèmes actuels.
La thérapie cognitivo-comportementale quant à elle produit typiquement ses avantages en seulement 12 à 15 sessions d’une heure (les TCC font partie des thérapie brèves).
Elle met l’accent sur la pensée et la façon dont les pensées transitoires et les croyances durables sur soi et le monde influencent les sentiments et les actions. C’est un outil pour s’organiser, rester concentré et améliorer sa capacité à contrôler la colère, les émotions et la relation aux autres. Cela pourrait ressembler à ce qui est proposé par du coaching ou des livres d’auto-assistance, mais savoir ce qu’il faut faire est rarement suffisant : les pensées et les attentes irrationnelles vous empêchent de le faire. les TCC éliminent ces barrages.

Les pensées démoralisantes et les croyances qui nous empêchent d’avancer résistent rarement à la lumière de la logique révélée par les TCC. Ces pensées déformées fonctionnent souvent de manière caractéristique :

  • Le tout ou rien : Vous voyez tout comme entièrement bon ou tout à fait mauvais : si vous ne faites pas quelque chose parfaitement, vous avez échoué.
  • Surgénéralisation : un seul événement négatif devient le cadre général ; par exemple, l’oubli d’une facture devient « j’oublie toujours de payer mes factures ».
  • Interprétation des pensées : Vous croyez deviner que les gens pensent du mal de vous ou de vos actions.
  • Appréhension : Vous êtes certain que les choses vont mal se passer.
  • Exagération et minimisation : Vous exagérerez l’importance des problèmes mineurs tout en banalisant vos réalisations.
  • Ce qui devrait être : Vous vous concentrez sur la façon dont les choses devraient être, menant à l’autocritique sévère et au ressentiment envers les autres.
  • Personnalisation : Vous vous blâmez pour les événements négatifs et minimiser la responsabilité des autres.
  • Filtrage mental : Vous ne voyez que les aspects négatifs de toute expérience.
  • Raisonnement émotionnel : Vous supposez que vos sentiments négatifs reflètent la réalité. Ce mal-être raisonne comme un «Je fais mal et je vais probablement me faire virer».
  • Pensée comparative : Vous vous mesurez aux autres et vous sentez inférieur, même si la comparaison est irréaliste.

Les TCC permettent d’apprendre à reconnaître ces pensées déformées, puis d’être en mesure de les remplacer par une pensée réaliste. «Comprendre comment vous pensez est un début efficace pour apporter des changements dans votre vie», explique J. Russell Ramsay, Ph.D., professeur adjoint de psychologie à l’Université de Pennsylvanie. «Changer les pensées et changer le comportement vont de pair. Elargir le point de vue sur une situation permet d’élargir les moyens pour la gérer.»

La thérapie médicamenteuse est efficace pour corriger la neurochimie erratique sous-jacente au TDAH. Mais les médicaments sont impuissants à effacer l’héritage des mauvais sentiments laissés par des années à faire face au TDAH. Les TCC permettent l’a
nnulation de cet héritage d’accumulation d’échecs ressentis. «Les adultes atteints du trouble ont connu une période plus difficile à l’école, un temps plus difficile au travail et dans les relations», explique le Dr Ramsay. « Le résultat final de ces frustrations est une vision négative d’eux-mêmes, du monde et de leur avenir. Ils sont plus rapides à assumer le négatif, ce qui peut amplifier les symptômes et interférer avec la résolution de problèmes. Les échecs du passé les empêchent d’apprendre de nouvelles compétences.  » La TCC vise à mettre ces croyances en évidence et à faciliter leur évolution.

Trouver un thérapeute :

Il est facile de trouver un thérapeute TCC, mais il peut être plus difficile de trouver quelqu’un qui se spécialise dans le TDAH. Lorsque vous interrogez un thérapeute éventuel, poser des questions sur sa formation en TCC et son expérience du TDAH. En France, l’Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive propose la liste de ses adhérents, ce qui peut aider à trouver des thérapeutes.

Vous pouvez aussi lire l‘article de Wikipédia sur les TCC pour plus d’infos.

2100711261 Introduction aux thérapies comportementales et cognitives (TCC)
Cyrille Bouvet
2754010742 Les Thérapies comportementales et cognitives Poche Pour les nuls
Rhena BRANCH
2130734723Les Thérapies cognitives et comportementales
Jérôme Palazzolo

 

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